PSPP n’est pas préoccupé par un PLQ dirigé par Pablo Rodriguez
VICTORIAVILLE — Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon n’est pas du tout inquiété par la menace d’un éventuel Parti libéral (PLQ) dirigé par l’ancien ministre fédéral Pablo Rodriguez, mais il a mis en garde ses troupes contre une campagne de peur imminente des fédéralistes.
M. Rodriguez est un des aspirants les plus connus dans la course à la direction du PLQ et les sondages suggèrent qu’il est actuellement le plus populaire.
Dans un discours devant plus de 500 militants au terme du conseil national du PQ dimanche à Victoriaville, M. St-Pierre Plamondon a mis en garde ses partisans contre les attaques à venir contre l’option souverainiste.
«Les fédéralistes chercheront à semer la peur», a-t-il affirmé.
«Ce sont les agents d’un système, ce sont les agents d’un régime, ce régime est en place depuis plus de 150 ans, et ils feront tout pour maintenir leurs acquis individuels et le statu quo de ce régime-là. Pendant que nous, on donne l’heure juste sur tous les sujets pendant que nous, on ose dire des vérités qui parfois dérangent, ils vont tenter de nous coller toutes les épithètes.»
En mêlée de presse, il assuré qu’il n’était «pas nerveux du tout» devant l’éventualité d’un PLQ dirigé par Pablo Rodriguez, mais plutôt «confiant», parce que «ce que nous pensons est fondé sur des faits», alors que le PLQ se cherche «une personnalité et une pertinence».
Le chef péquiste a fait valoir que les candidats à la direction du PLQ ont un «bagage», dont «l’absence de considération pour la volonté démocratique des Québécois», et aussi des «déclarations incompatibles avec les francophones».
Il a dit ne pas avoir réfléchi à l’issue de la course et vouloir plutôt se concentrer sur autre chose.
Le plus récent sondage Léger commandé par Québecor et publié la semaine dernière place le PQ en avance à 35 % dans les intentions de vote, suivi par la CAQ à 21 %, le PLQ à 17 %, QS à 13 % et le PCQ à 12 %.
En octobre, un autre sondage Léger suggérait qu’un PLQ dirigé par M. Rodriguez récolterait 28 % d’appuis et le PQ serait alors à 26 %.
Un comté «gagnable»
Le PQ tenait son conseil national à Victoriaville, notamment pour une raison stratégique: il serait en avance dans les intentions de vote dans la circonscription d’Arthabaska, selon un sondage qu’il a commandé, si une élection complémentaire était déclenchée maintenant.
«Arthabaska, c’est gagnable», a commenté M. St-Pierre Plamondon dimanche matin en point de presse.
Car une élection complémentaire pourrait bien avoir lieu dans les prochains mois: le député Éric Lefebvre, anciennement de la Coalition avenir Québec, siège à titre d’indépendant après avoir annoncé son intention d’être candidat aux élections fédérales pour le Parti conservateur (PCC).
Donc si un scrutin fédéral doit avoir lieu bientôt, M. Lefebvre démissionnera et le siège d’Arthabaska se libérera, et pour la première fois depuis 1998, le PQ pourrait emporter cette circonscription.
C’est ce que laisse présager un sondage téléphonique Segma commandé par le PQ, réalisé entre le 28 octobre et le 6 novembre et obtenu par La Presse Canadienne.
Celui ou celle qui porterait la bannière du PQ recueillerait 30 %, suivi par le Parti conservateur du Québec (PCQ), à 26 %, et la Coalition avenir Québec (CAQ) à 23 % — et pourtant la CAQ avait aisément raflé la circonscription en 2022 avec presque 52 % des voix. Québec solidaire (QS) obtiendrait 11 % des voix et le Parti libéral (PLQ) 7 %.
«On n’est conscient que ce n’est pas acquis», a admis M. St-Pierre Plamondon.
«Mais pour nous, si jamais ça a lieu, il n’y a pas un effort qu’on va ménager. S’il y a une élection partielle dans Arthabaska, on sait que c’est ça demande ce travail-là. Mais ce serait tout un accomplissement, toute une source de fierté.»
«Ce n’est pas étranger à notre présence à Victoriaville, pour montrer le sérieux de notre démarche», a témoigné le député péquiste Pascal Bérubé, dans une entrevue avec La Presse Canadienne.
«On ne tient rien pour acquis, mais on a une progression importante qui va se vérifier, on se dirige vers une lutte à deux avec le Parti conservateur», a-t-il poursuivi en notant la dégringolade de 29 % de la CAQ par rapport aux élections de 2022.
«C’est passé d’un comté très sûr pour la CAQ à un comté où pourrait se jouer une course à trois, ça reste serré», a commenté le directeur général de Segma, Marc Bouchard, en entrevue téléphonique.
«Ça confirme un peu la tendance nationale», où le PQ a pris un essor et serait en tête dans les intentions de vote dans les circonscriptions à majorité francophone, a-t-il ajouté.
Le PQ est aussi cité comme le deuxième choix chez 20 % des électeurs, là aussi en avance par rapport à 16 % pour la CAQ et 12 % pour QS. Le tiers des électeurs ont préféré ne pas répondre à cette question ou ne donner aucun choix.
Le choix des candidats serait crucial dans une telle course au cours d’une complémentaire, a-t-il évoqué.
Et par ailleurs, dans une complémentaire, le taux de participation est plus bas et les électeurs plus âgés, qui vont davantage voter en général, ont un poids disproportionné parce que les électeurs plus jeunes se déplacent moins pour voter. Cela pourrait avantager le PQ et la CAQ, choisis par les électeurs plus âgés, tandis que le PCQ domine chez les 18-29 à 38 % suivi de QS à 33 %.
«Ce n’est rien de joué pour le PQ, mais c’est une bonne posture», ajouté M. Bouchard.
Le sondage a été réalisé auprès de 350 électeurs de la circonscription d’Arthabaska. Sa marge d’erreur maximale est de 5,2 %.